Coupe des Présidents: des patinoires aux verts

Coupe des Présidents: des patinoires aux verts


CHARLOTTE  |  Si quelqu’un lui avait prédit qu’il arpenterait un jour les terrains du circuit de la PGA et qu’il participerait à la Coupe des Présidents, Mitchell Theoret aurait ri et ne l’aurait pas cru une seule seconde. Et pourtant, le voilà dans la plus grande compétition jamais organisée par le circuit professionnel américain.

Ce Montréalais d’origine maintenant âgé de 29 ans patinait sur les glaces de la Ligue junior de l’Ontario (OHL) et de l’Europe jusqu’à la fin de la saison de hockey 2019. 

Puis il a sauté sur l’occasion offerte par son ami de longue date Taylor Pendrith. 

Celui-ci cherchait un cadet capable de le suivre et de l’épauler dans son rêve du PGA Tour. 

Ensemble, ils ont gravi les échelons en commençant au bas de l’échelle. 

Du circuit canadien à l’élite mondiale, en passant par l’antichambre du Korn Ferry. 

Ils ont gardé le cap dans tous les obstacles causés par la pandémie et ils n’ont jamais lâché leur travail acharné. 

Sur les parcours de golf, Theoret applique la même recette qui l’a amené au hockey professionnel. 

Sur les patinoires, il travaillait d’arrache-pied en se salissant le nez. Il fait pareil pour faire sa place parmi les meilleurs cadets de la planète. 

« Jamais je n’aurais cru que je ferais ce métier de ma vie. Même il y a quelques années à peine, ça ne m’effleurait pas l’esprit. La courbe d’apprentissage fut très rapide et j’essaie d’emmagasiner le plus d’informations possible », a-t-il relaté dans une entrevue avec Le Journal à Quail Hollow, cette semaine. 

Travail acharné

Au même moment, le cadet réputé Jim « Bones » Mackay, maintenant l’acolyte de Justin Thomas, croisait notre route en pleine discussion. 

En l’observant du coin de l’œil, le Montréalais de naissance a répliqué : « Je dois travailler cinq fois plus que des gars comme lui qui ont 20 ou 30 ans d’expérience. Je n’ai pas la même expérience ni le même bagage de connaissances. Chaque jour est un nouveau défi. Cette philosophie n’est pas nouvelle pour moi. 

« Mais j’ai réussi à faire ma place avec les IceDogs du Niagara (OHL) dès ma première saison alors que j’avais été repêché en huitième ronde de l’encan 2009. J’avais tout donné pour faire cette équipe. Je fais pareil sur ce circuit avec Taylor, car j’ai dû lui prouver que je méritais d’être là. » 

Au bon moment

Theoret lui est d’ailleurs très reconnaissant, car le golfeur lui a offert la plus belle des opportunités, alors qu’il se trouvait à la croisée des chemins dans sa vie professionnelle. Souvent blessé, son « corps ne tenait qu’à un fil », avant qu’il ne prenne la grande décision de se retirer. 

« Dire que cette aventure a commencé quand Taylor m’a demandé de porter son sac pour un tournoi du PGA Tour Canada à Windsor il y a quatre ans, a-t-il ricané. Ce devait être une exception. Mais comme on avait pris le quatrième rang, il m’a demandé d’être son cadet de façon permanente en 2019. C’est à ce moment que j’ai mis le hockey derrière moi et sauté à pieds joints dans l’aventure. » 

Cet été-là, Pendrith a brûlé le circuit canadien en signant deux victoires, dont celle à l’étape montréalaise au club de golf Elm Ridge. Les deux amis ont ensuite grimpé sur le circuit Korn Ferry. 

Connaissant son patron sous toutes ses coutures, il sait aussi le laisser opérer sa magie. 

Ils ne s’entendent toutefois pas sur une chose : l’équipe de hockey à soutenir en pleine saison de la LNH. 

Pendrith est un amateur fini des Maple Leafs. Theoret, ayant grandi à Montréal jusqu’à ce que la famille mette le cap sur Kitchener en raison d’un changement de boulot du paternel, est un inconditionnel du Canadien. 

Allégeances différentes

« En fait, je supporte le Canadien et 30 équipes de la LNH. Toutes, sauf une : les Leafs, a-t-il pesté. Je les hais profondément. » 

On présume donc que c’est un sujet de discorde dans le duo ! 

Celui qui a grandi à Saint-Lazare possède encore son premier chandail du Tricolore. Une relique sur laquelle est inscrit le nom de Brian Savage. 

« C’est celui que j’avais choisi », s’est-il rappelé, en hochant un brin la tête, alors qu’il se souvient surtout des José Théodore et Saku Koivu.

Cette semaine à Quail Hollow, il porte le chandail de l’équipe internationale, la plus importante dans son esprit. Bien qu’il soit loin des patinoires, l’attaquant qui était reconnu pour ses habiletés d’agitateur et son flair offensif se plaît à retomber dans l’atmosphère d’une équipe. 

Il se pince, car jamais il n’aurait pensé vivre pareille aventure sur un parcours de golf. 





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