P.K. Subban: l’homme au cœur sur la main

P.K. Subban: l’homme au cœur sur la main


P.K. quitte-t-il le hockey de lui-même ou est-ce le hockey qui l’abandonne ? Apparemment, aucune équipe de la Ligue nationale ne lui aurait présenté d’offre contractuelle. Ce qui fait dire à ses détracteurs qu’il ne méritait pas mieux. C’est la rançon à payer pour quelqu’un qui ne laisse personne indifférent. C’est le cas de Subban. On l’adore ou on le critique à propos de tout et de rien.

P.K. a toujours aimé vivre sous les projecteurs. Il a peut-être été le premier joueur de la LNH à s’identifier comme une marque de commerce. 

Sauf que ça ne passe pas dans le monde conservateur du hockey. Il n’était pas dans le bon sport pour ça.

Avoir été joueur de football, de basketball ou de baseball aux États-Unis, on l’aurait vu dans des centaines de commerciaux et on n’en aurait pas fait de cas.

Fils de bonne famille

Par contre, personne ne peut dire de P.K. qu’il est un mauvais garçon. Bien au contraire, l’homme est une soie.

Fils de bonne famille, ses parents lui ont inculqué les valeurs du respect et du savoir-vivre. Je n’ai pas de preuve, mais je le soupçonne de n’avoir jamais prononcé le mot de quatre lettres commençant par F.

À l’extérieur de la patinoire du moins. Son père, qui était enseignant, ne le tolérerait pas.

Un retour émotif

P.K., c’est une boule d’émotion. Il sourit à tout le monde comme il lui arrive de verser des larmes en public.

Rappelons-nous son premier match au Centre Bell dans l’uniforme des Predators de Nashville. Ce n’était pas des larmes de crocodile qui coulaient sur son visage.

P.K. pleurait pour vrai.

Sans retenue.

S’il ne le savait pas encore, il a réalisé ce soir-là à quel point les amateurs l’aimaient, que Montréal était son univers. Les spectateurs l’ont remercié à grands coups de « nous t’aimons ! ».

Amour infini pour les enfants

On l’a remercié pour ses performances sur la patinoire, mais aussi pour son implication dans la campagne de financement de l’Hôpital de Montréal pour enfants.

Un mois après avoir signé son gros contrat avec le Canadien, il s’est engagé à verser, en partenariat avec sa fondation, un minimum de 10 millions $ au centre hospitalier.

L’institution lui a dit merci en donnant son nom à la grande place de son édifice.

En septembre 2016, je l’ai vu avant son départ pour Nashville, poser des heures avec des enfants malades. Il tenait chacun d’eux qui lui passait dans les bras comme s’il s’agissait du sien. Il les cajolait et les faisait rire facilement.

Le père Noël n’aurait pas fait mieux.

Oui, P.K. est exubérant, oui, il pouvait tomber sur les nerfs de ses coéquipiers. Hal Gill ne lui laissait rien passer quand il jouait avec le Canadien. Un geste de travers et Subban avait le grand Hal sur le dos.

Il a donné des sueurs à Guy Boucher, qui l’a dirigé avec les Bulldogs de Hamilton, puis à Michel Therrien avec le Canadien. Mais il n’était pas méchant.

Qui est cet énergumène ?

Lorsque le Canadien l’a repêché en 2007, à Nashville, c’était la première fois que l’on voyait un espoir de l’organisation se donner en spectacle. Tellement que les journalistes des autres villes s’étaient joints à nous pour voir qui était cet énergumène qui riait et qui parlait sans cesse sur le podium.

En serrant la main à son arrivée à la table du Canadien, il avait lancé à Bob Gainey qu’il ne regretterait pas son choix.

Quand il s’est amené de Hamilton, en avril 2010, pour remplacer Andrei Markov, blessé dans le premier match de la série de deuxième tour contre les Penguins de Pittsburgh, son impact a été immédiat. Jacques Martin l’a utilisé plus de 23 minutes.

En 2014, il marqua deux buts dans une victoire de 4 à 3 à Boston lors du premier match d’une série contre les Bruins. À sa sortie de la patinoire, il fut aspergé de bière et abreuvé d’insultes racistes.

17 000 messages haineux

C’était sans compter les réseaux sociaux.

La firme Influence Communication avait répertorié 17 000 messages haineux à l’endroit de P.K. qui comportaient le mot commençant par la lettre N.

Le lendemain, le vice-président, communications, du Canadien de l’époque, Donald Beauchamp, s’était fait le porte-parole du défenseur en disant : « P.K. dit n’avoir aucun contrôle là-dessus et que tout ce qui le préoccupe, c’est le prochain match ».

Carey Price et lui s’étaient chargés des Bruins.

C’est à souhaiter que le Canadien lui rende hommage un jour prochain. Tiens, les Devils du New Jersey sont en ville lundi prochain. 

L’occasion serait belle.





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